afficheOh Renoir, Renoir ! Pourquoi es-tu Renoir ! Renie ton… Comment ? Ah bah oui t’as raison, je m'égare là… Enfin, tout ça pour dire que suis allée voir l’expo de "mon" Renoir au Grand Palais.

Soyons clairs, nous sommes loin de l’exceptionnelle mise en scène orchestré par Carsen pour l’expo Marie-Antoinette, où vous commenciez par vous attendrir devant une chaise (si, avec Carsen c’est possible) pour finir quasi en larmes devant une petite mèche de cheveux… En même temps ça s’y prêtait…

Bon là j’avoue, la première salle plombe carrément l’ambiance : que des toiles archi connues, archi vues : celles du musée d’Orsay… Sauf ce Picasso génial qui reprend le thème de la danse… Mais était-ce innocent de l’avoir collé là ? Comme pour nous énerver de n’avoir que ça à découvrir quand on était venu pour Auguste ?

La feinte ! Deux salles plus loin, vlan ! on vous balance l’artillerie lourde : des photos incroyables. Renoir, petit vieux tout rabougri, mais avec ce regard vif à vous transpercer l’âme, Renoir et ses mains toutes tordues, tellement impressionnantes… Renoir et sa bande aussi… La photo avec Mallarmé prise par Degas et paraphée par Valery. Enorme ! A partir de là on est cuit : impossible de ne pas adorer tout ce qui va suivre…

Alors qui dit Renoir dit chairs nacrées… Ouais mais moi, ce qui me fascine chez lui ce sont… les étoffes ! Le rendu de ces plis, et de ces replis, tantôt soyeux, tantôt râpeux, et ces touches de lumières qui transcendent la matière (mince, voilà que je cause comme sur la 5 maintenant, Fréderic, sort de mon corps !).

Mais vous savez ce qui m’excède ? Ces emmerdeurs qui ne regardent les tableaux qu’à trois mètres du mur… Pire ils râlent parce que vous osez leur passer devant. Mais à quoi ça sert si on ne peut pas mettre le nez sur les toiles pour voir tous les détails ? Achetez vous un livre, ça suffira.

Quoi ? Les impressionnistes ça se regarde de loin ? Alors d’abord, Renoir impressionniste, ouais mais pas que (trop réducteur), ensuite, pourquoi se limiter à un seul angle ? Moi j’aime voir les coups de pinceaux fébriles, comme ces mots qu’on abrège pour ne pas perdre le fil de sa pensée. Ces petits amas de peinture ici et là, toute cette technique hallucinante que l’on ne voit que le nez sur la toile et qu’une photo ne rendra jamais.

Justement, ces toiles là (contrairement à celles du début !) on ne les a que très peu vues, et on les reverra sans doute pas avant longtemps : elles viennent quasiment que des Etats-unis (elles sont toutes là-bas ma parole !…)

Et puis il y a ce tout petit film en noir et blanc. Quelques secondes où on le voit peindre dans son atelier. Bouleversant. Et il parle, et il parle… (comme moi… sauf qu’on sait pas de quoi, le film est muet ), et il fume et il fume (comme toi ma Roxane ! D’ailleurs la prochaine fois qu’on te fera une réflexion, tu peux toujours dire que fumer t’aide à mieux comprendre l’œuvre d’Auguste…).

IMG_0003Et enfin cette incroyable photo de l’atelier de Bonnard, qui n’avait finalement pas beaucoup de rapport avec l’exposition mais tant de choses à dire : une foule de cartes postales de tout ce qu’il aime épinglées sur le mur, et accroché dans ce foutoir, un nu de Renoir, un vrai de vrai…  Tout est sur le même pied d’égalité, la repro comme l’original. Ce qui compte c’est l’image, pas le support. Le message, pas l’outil, le beau, pas ce qu’il vaut. L’idée que je me fais de l’art. Même si sur un vrai on voit les coups de pinceaux…

 

Berthe Ripolin

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